Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 19:50

Longueur de l’étape : 417 km - Distance totale parcourue : 3 215 km

Départ aux aurores pour une journée chargée (de kilomètres et d’émotions)… Comme une dernière piqure de rappel, après trois jours de grand soleil, le ciel, ce galopin, nous gratifie de pluie et de grisaille. Mais après dix jours sur les routes de Compostelle, la peau du motard devient comme les voies du Seigneur : impénétrable.
Nous traversons le Poitou sur nos chevaux d’acier, puis à midi, nous retrouvons la conservatrice du château de Blois en personne pour une visite privilégiée de cette étonnante demeure royale où tous les styles architecturaux se côtoient et se croisent, du XIIIème jusqu’au XIXème siècle. Notre hôte ajoute à son érudition une patience zélée, et il en faut pour répondre aux questions incessantes de notre photographe Duracel, que le silence effraie (il faut dire qu’il a été habitué pendant dix jours aux ronflements des bikers comme des motos). Après une visite guidée au pas de course, avec bonheur nous nous faufilons dans les escaliers dérobés pour découvrir les trésors cachés des collections non encore exposées. L’impression est indiana-jonesesque.
Quinze heures, nous reprenons la route, direction la mairie de Colombes. Nous profitons des derniers moments sur nos belles machines, fidèles compagnes qui, en dehors de l’aventure orléano-embrayagère, ne nous auront jamais fait défaut et auront ménagé nos postérieurs avec la diligence d’un canapé de salon. On raconte même que l’une d’elles ramena Manu « pacman » toute seule jusqu’à son hôtel… Le même Manu, d’ailleurs, décide de nous faire une dernière blague sur l’ultime péage de l’A10 : deuxième combustion spontanée, le garçon disparaît soudain dans un éclair divin… Nous le retrouvons 30 minutes plus tard à la station d’essence suivante, tranquillement allongé sur sa bécane en train de s’en griller une sous un rayon de soleil inattendu.


Dix-huit heures, nous arrivons enfin devant la mairie de Colombes sous les applaudissements rassurés de nos familles et potes réunis, et notre bien aimé maire, reluquant jalousement nos bicylindres en V, nous invite à boire un verre de l’amitié dans son bureau. Rendez-vous est pris pour notre prochain périple : il sera de la partie !
Epuisés mais heureux, nous racontons à nos proches les meilleurs moments du voyage. Le retour soudain à la réalité est étrange, décalé, et nous nous adressons tous les quatre, régulièrement, des regards entendus, rassurants, privilégiés. Ce que nous avons vécu nous lie et comme dirait Renaud : « j’croyais qu’un mec en cuir, ça pouvait pas chialer… j’oubliais qu’tes tatouages et ta lame de couteau, c’était juste un blindage pour ton cœur d’artichaut ».

Voilà, c’est fini. La journée tout entière aura été partagée entre la joie d’avoir mené à bien ce périple et de retrouver les nôtres, et la tristesse, sincère, de se séparer.
À ceux qui, moqueurs, nous glissent que Compostelle, en vrai, se fait à pied, nous répondrons qu’il n’est pas certain que cela soit moins fatiguant à moto. Plus amusant, peut-être...
À ceux qui nous ont aidés à mener à bien ce voyage inoubliable, nous adressons nos remerciements chromés : François Tarrou et Hasna Boumehdi chez Harley-Davidson France, Jean-Marc Fernandez chez ATS Etoile, Noëlle Meimaroglou et Cyrille de Chalain chez Arthaud, Gilles Haéri chez Flammarion, l’équipe d’Action Caméras, Philippe Sarre et Viviane Le Guennec, le groupe Kelks, l’équipe de la concession Harley-Davidson d’Orléans, les offices de tourisme d’Orléans, de Saintes de Bayonne et de Blois, et tous les gens extraordinaires et anonymes que nous avons rencontrés sur la route.
À ceux qui attendent le livre que nous allons tirer de cette aventure, nous donnons rendez-vous en octobre 2010.
À ceux qui attendent le film que nous allons tirer de cette aventure, nous donnons rendez-vous euh, bientôt…

Un grand merci à tous ceux qui sont venus sur ce blog et à très bientôt pour de nouvelles aventures ! Let the good times roll !

Et, pour la forme, une dernière petite vidéo bonus...

Par La Compostelle Harley Team
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Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /Juin /2009 00:34
Longueur de l’étape : 381 km - Distance totale parcourue : 2 798 km

Vous connaissez sans doute la saveur étrange que peut avoir la veille d’un dernier jour. Demain, nous y pensons tous les quatre, sans vraiment en parler, notre périple s’achèvera à Colombes. Dans les yeux de mes trois compagnons de route se lit une douceur triste et heureuse à la fois. Il y a la joie d’avoir partagé des moments drôles, des moments forts, des moments beaux, d’avoir appris ensemble, d’avoir roulé ensemble. Il y a la joie d’avoir (presque) accompli un périple peu ordinaire, sans réelles embuches, et d’avoir appris à se connaître un peu mieux tous les quatre. Croyez-le ou non, il s’est passé quelque chose. Alchimie d’un quatuor à chromes bien accordé. Nos relations ont glissé comme nos roues sur l’asphalte. Quatre mecs qui passent dix jours ensemble, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans une seule engueulade, cela relève, sinon du miracle, au moins du privilège. Il y a la joie, enfin, de retrouver les nôtres, nos proches, nos maisons, nos amis, demain. Mais il y a aussi la tristesse nostalgique d’une fin qui s’annonce. Nos petites habitudes, nos petits rituels, le confort de nos amitiés simples et sans bagages qui vont prendre fin d’un seul coup. Nous savons tous les quatre que nous allons nous manquer. Vraiment. Les sourires de Manu quand il nous parle de ses souvenirs de gosse, en Afrique ou ailleurs. Les blagues incessantes de Paolo, les anecdotes de ses reportages aux quatre coins du monde. Les cascades de Christophe, l’évocation des heures passées, gamin, sur le bateau de pêche de son grand-père…. Et puis ce moment unique où nous arrivons, le soir, et nous enlevons nos casques, éreintés mais heureux, et nous affalons, fourbus, à la terrasse d’un café pour profiter ensemble, dans un silence éloquent, de la première impression que nous donne l’étape du jour, l’horizon de la ville, les flèches des cathédrales... Tout ça va nous manquer. Alors nous nous sommes promis de remettre le couvert un jour. Dans un ou deux ans, et pour un périple plus légendaire encore... suspense !
Aujourd’hui, c’est Manu qui a pris la tête du convoi : on était sur ses terres. Plutôt que le décor monotone de l’autoroute, le huguenot nous a fait passer par les petites routes des Landes, au plus grand plaisir de notre soif motarde. Vers treize heures, nous arrivons à Bordeaux, grignotons sur les rives de la Garonne avant de visiter la cathédrale Saint-André. Nous tombons alors sur une petite dame, habitée par les lieux, paroissienne dévouée, toute heureuse de montrer à quatre bikers improbables et profanes les quelques peintures du XIVème siècle, uniques, qui ont survécu aux outrages du temps et décorent la chapelle Sainte Anne. Magie de la rencontre aussi décalée qu’imprévue et, pour moi, clin d’œil à l’Apothicaire qui, certainement, aura savouré comme nous la finesse du trait des artistes médiévaux, annonçant déjà l’approche de la Renaissance.
Vers quinze heures, nous reprenons la route et filons vers Melle. Les trois Harley se doublent, se rattrapent, se défient au milieu des pins dans une chaleur estivale que nos cuirs subliment  mais qui inspire à Christophe ses plus belles cascades, dignes de la marée chaussée en fin de cortège du Tour de France. Comme plusieurs fois par jour, nous nous arrêtons dans une station service (comme dirait Paolo, on pourrait presque écrire un guide touristique des stations essence de France…), et voilà que le rital, possédé, nous fait poser dans les chiottes avec nos blousons de motard. Ce type est fou. C’est un peu pour ça qu’on l’aime.
Dix-huit heures, arrivée à Melle, petite ville enchanteresse offrant au biker épuisé la belle et ferme symétrie romane de ses trois églises… Nous attendons la nuit pour que ces édifices ancestraux s’habillent du drap sépia que l’éclairage nocturne dépose sur leurs pierres et, ce faisant, dégustons un vin remonté de la région bordelaise et des plats fins et succulents, très éloignés de l’école espagnole… La soirée se finit par quelques photos bevilacquiennes dans les rues de Melle…
Demain, départ aux aurores, alors let the good times roll !
Par La Compostelle Harley Team
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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /Juin /2009 00:31
Longueur de l’étape : 374 km - Distance totale parcourue : 2 417 km

Partis à 9h45 de Colunga – STOP – route magnifique entre les montagnes arborées de l’Espagne verte sous un soleil radieux – STOP – roulé toute la journée, grand pied pour les motards, un peu moins pour le photographe bolino, l’italien en pot – STOP – croisé deux autres Harley rigolotes, ils avaient  un GPS et un fast-pass pour le péage, pfff, les ringards – STOP - arrivés à Bayonne à 17h17 – STOP – visite en hauteur de la cathédrale Sainte-Marie avec Sophie Lefort, guide dévouée et adorable – STOP – dîner dans le petit Bayonne au Pincho, bonne adresse refilée par Marko, impayable basque à casquette – STOP – morts de fatigue, même Paolo Duracel est à plat, pas la force de faire un long article pour le blog – STOP – demain Bordeaux puis Melle – STOP – mais là, je stoppe, stop.

Alors let the good times roll, et à demain.



Par La Compostelle Harley Team
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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 00:56
Par La Compostelle Harley Team
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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 00:48
Longueur de l’étape : 379 km - Distance totale parcourue : 2 043 km

L’influence de la météorologie sur l’humeur du motard ne se mesure jamais aussi bien qu’après trois jours de pluie et d'orage (il ne nous manquait qu'un typhon...). En ce septième jour, un petit coin de ciel bleu suffit à nous faire sortir nos 4 800 cm cubes du parking de l’hôtel de Compostelle avec une joie que rien ne peut dissimuler, pas même un casque intégral. Plus nous avançons vers les Asturies, plus le ciel se dégage, et c’est sous une voûte immaculée que nous avalons les kilomètres, le cœur léger. Depuis la nationale qui longe la côte, nous contemplons l’Atlantique et zigzaguons au milieu de la campagne verdoyante, savourons les virolos qui s’enchaînent sans voir le temps passer.
Vers quatorze heures, nous décidons de pique-niquer et cherchons, à l’aveugle, un petit coin de plage. Un panneau indique Rio Pinto, confiants, nous traversons une zone industrielle et tombons, perplexes, sur une ferme improbable, à quelques pas de la mer. Scène inoubliable des trois Harley que nous garons devant une étable, accueillis par le fermier, la fermière et leur gargantuesque clébard. Nous les regardons apporter leur herbe à de colossales vaches laitières. Dans un espagnol approximatif, nous échangeons avec eux pour parler de motos, de tracteurs, de veau prématuré et de pâturage. Instant magique. Et ce n’est que le début…
Nous poussons cinq cents mètres plus loin pour nous poser dans une crique déserte, à flanc de verte falaise. Cette halte improvisée restera pour nous l’un des meilleurs moments de notre voyage.
Gonflés à bloc, nous reprenons la route et fonçons tout droit vers Colunga, charmante petite ville de la région de Gijon, étape côtière des chemins de Compostelle, où nous arrivons assez tôt pour profiter de la piscine qui jouxte notre hôtel. Le contraste entre le ciel plombé de Compostelle et la chaleur ensoleillé de Colunga, à 24 heures d’écart, évoque la téléportation.
Après une pause les pieds dans l’eau et la bouche dans le whisky, nous partons découvrir la ville et sa chapelle du XVIème siècle.
Dîner dans un petit restaurant, phénoménalement bon marché, où nous enchaînons les tapas en goûtant un Ribera blanc local plus que modeste. La nourriture, en revanche, enchante les papilles pourtant difficiles des gastronomes bikers que nous sommes : jambon cru, chorizos, chipirons, patatas bravos, patatas aili-oili, croquetas et travers de porc grillés délicieusement craquants.
La soirée se termine sur la plage éclairée de Colunga et sur une joute verbale entre un rital et un lorrain, une disputatio dialectique où il sera question de Giacometti, Run DMC, Picasso, Marcel Duchamp et Led Zepelin. Conclusion ; le rital a mauvaise foi. Signé, le lorrain.

Quant à notre teaser du jour, vous ne pouviez échapper à notre instant rustique.

Alors let the good times roll, et à demain.


Par La Compostelle Harley Team
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Présentation

  • : Un écrivain, un photographe, un journaliste, un webdesigner : tous passionnés d’aventure, de moto... Un voyage de légende : le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Retrouvez au jour le jour l’équipée de quatre pèlerins des temps modernes, renouant avec une tradition millénaire… Blog réalisé par Henri Loevenbruck, Paolo Bevilacqua, Emmanuel Baldenberger et Christophe Zalewski.
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