Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 23:32
Par La Compostelle Harley Team
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 23:18
Le sixième jour, Dieu créa la flotte. Beaucoup.
A mi-chemin, nous nous devions de profiter d’une journée de repos pour visiter cette ville de légende, nichée au fin-fond de la Galice. Cela n’aura pas été chose facile, les éléments persistant dans la signature de leur affront ridicule. Pour être tout à fait honnête, toute cette pluie et ce ciel de plomb ont quelque peu endommagé notre moral en milieu d’après-midi (à part celui de Paolo, notre photographe Duracel, que rien n’épuise ni n’accable, et qui conserve en toute circonstance un sens de l’humour bien à lui). Mais les quatre garçons dans le vent que nous sommes ne pouvaient capituler. The show must go on. Rapidement, nous avons repris du poil de la bête (celle numérotée 666) et retrouvé le sourire dans le dialogue et la farce, notre plus fidèle compagne.

Mais revenons au début. La journée a commencé par un petit-déjeuner tardif, puis Manu et Christophe se sont dévoués, braves garçons, pour porter nos affaires à la laverie pendant que nous travaillions à nos vidéos, avec application, et un peu de Coca Light aussi.
Ensuite, visite de la ville. N’ayant pas pensé, bêtement, à emmener nos scaphandriers, nous éprouvons une nouvelle fois l’étanchéité de l’épiderme humain. Plus grande qu’on ne l’imaginait, la vieille ville nous accueille, aquatique, dans ses venelles pentues et pavées. L’eau, en trombe, dégouline au milieu de la chaussée et évoque l’archaïque caniveau médiéval où coulait jadis, en plein milieu des rues, tous les déchets de la cité.
Au centre de Compostelle se trouve un étonnant trompe-l’œil : maquillée en cathédrale se dresse une gigantesque tirelire où les milliers de pèlerins viennent vider leurs poches, sans doute pour s’alléger sur le chemin du retour. C’est en tout cas l’effet quelque peu désagréable que nous fait la cathédrale, où ce bon vieux Jésus, qui n’était pas des plus à l’aise avec les marchands du temple, n’aurait sans doute pas goûté la présence, tous les deux mètres, de boîtes à offrandes, ni celle de ces bougies électriques qui, au lieu de véritables cierges, s’allument quelques instants quand on glisse une pièce dans la fente… L’horreur absolue. Nous sommes loin de la splendeur raffinée de la cathédrale de Burgos, qui nous avait tous envoûtés, mais ne dites pas à Christophe que c’était une cathédrale, il croit toujours que c’était une synagogue. Ici, presque autant qu’à Lourdes, l’odeur de la bigoterie fétichiste et de la spiritualité lucrative donnent un peu la nausée.
Qu’importe, nous essayons de nous concentrer sur le travail des artisans de jadis, somptueux malgré tout, et observons, curieux, les symboles discrets sculptés ici et là dans les piliers, signatures probables des vénérables bâtisseurs.
La pluie n’ayant toujours pas cessé, nous décidons de rentrer à l’hôtel, qui pour se reposer, qui pour avancer sur notre travail documentaire (eh oui, on n’est pas uniquement là pour goûter du pinard, mais aussi pour préparer un livre graphique et un roman…).
Le soir venu, nous nous rendons au restaurant Carretas, où l’on mange fort bien (délicieuses soupes de légume et paëlla remarquable) mais pour des prix bien plus parisiens que ce à quoi l’Espagne nous a habitués. Petit plus : le serveur, accort, visiblement ravi de pouvoir pratiquer notre langue après avoir quitté la France depuis une vingtaine d’années, nous sert un vin blanc maison tout à fait charmant. Nous profitons de l’ambiance calfeutrée des lieux pour partager nos impressions sur l’aventure humaine que nous vivons ensemble. Nous formulons timidement le plaisir que chacun éprouve à nouer les liens d’un quatuor amical simple et sincère, puis nous parlons de moto, parce que faut pas déconner, non plus.
Epuisés par la pluie et le voyage, nous décidons de nous coucher tôt pour reprendre des forces avant de nous lancer demain, par la côte, sur le chemin du retour. La soirée s’achève donc rapidement sur deux bonnes notes : la pluie a enfin cessé, et deux musiciens de rue plutôt doués ont pris la place de l’horrible cornemuseur qui s’évertuait depuis des heures à massacrer le Boléro de Ravel avec la délicatesse d’un bûcheron canadien bourré. La soirée se termine paisiblement dans l’une de nos chambres d’hôtel à uploader pour toi, cher lecteur, textes et photos, car tout ce qui n’est pas donné est perdu.



Let the good times roll, et à demain !
Par La Compostelle Harley Team
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 19:22
Monter les films comme nous l'avons fait le premier jour demande un temps assez gigantesque... Ainsi, soucieux de notre santé mentale et physique, nous avons décidé d'attendre notre retour à Paris pour les réaliser (nous continuerons toutefois de vous mettre quelques teasers en ligne chaque jour). Merci de votre patience...
Voici toutefois une petite vidéo résumé du deuxième jour...


Par La Compostelle Harley Team
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 12:03
Par La Compostelle Harley Team
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 10:08
Longueur de l’étape : 356 km - Distance totale parcourue : 1 664 km

Je vous jure que je ne l’ai pas fait exprès. Et si vous ne me croyez pas, prenez Mappy, tapez toutes nos étapes successives et faites vous-même le total de kilomètres. Vous verrez que ça fait bien 1664. Palsambleu ! Les signes ne cessent de m’assaillir ; je sens bien que Dieu fait tout pour qu’enfin je croie en lui. Mais si il pense qu’il suffit d’une binouze pour me convertir, il se met le doigt dans son divin œil (d’où l’expression mise à l’index). J’exige au minimum un single malt.

Ce matin, nous avons décidé de partir un peu plus tard que d’habitude. L’excuse officielle : nous pouvions nous permettre d’arriver plus tard à Compostelle le soir puisque nous allons y rester un jour deux nuits (comme disent les tour operators). Explication réelle : notre souci d’exactitude et d’exhaustivité dans notre découverte œnologique de Leòn hier soir nous a procuré une saine et légitime envie de mâtiner gras.

C’est donc vers 11 heures que nous quittons Leòn, bien reposés. Tout commence plutôt bien et, naïfs, nous virevoltons gaiment dans les vertes altitudes sans nous douter un seul instant que le pire nous attend quelques heures plus tard. Les décors que nous traversons sont enchanteurs. Les traverser en moto sublime encore davantage le ravissement. Nous roulons à plus de mille mètres d’altitude, de col en col, longeant des monts dont la verdeur impeccable paraît l’œuvre d’un peintre, franchissant d’élégants aqueducs de pierre, et notre regard se promène alors au milieu des vignes, de la terre rouge cuivrée et des mille-feuilles sombres que forme le schiste au flanc des montagnes, avant de s’élever, émerveillé, vers des vols de cigognes qui déploient leurs grandes ailes par delà les champs consacrés au sang du Christ. Un délice pour les yeux, qui dessine sur nos visages de bikers de larges et francs sourires.
Vers 13h30, nous arrivons à Villafranca del Bierzo, célèbre étape de Compostelle, où, très logiquement, nous croisons la plus forte concentration de pèlerins depuis notre départ. Aussitôt, nous les sermonnons sur la façon grossière qu’ils ont de polluer le paysage avec leurs ponchos de pluie aux couleurs ridicules, alors que nos Harley, elles, au moins, sont trois joyaux d’acier illustrant parfaitement la méticulosité de l’artisan médiéval et que le doux son de nos bicylindres en V s’échappant de nos gracieux pots chromés est une ode baroque au silence pesant de la campagne que ces marcheurs grotesques salissent de leurs grosses Pataugas crottées. Non mais !
Nous découvrons la charmante petite église du XIIème siècle qui surplombe le village et dont la porte, dite du Pardon, symbolise l’indulgence que l’on faisait ici aux pèlerins épuisés qui, à bout de forces, ne pouvaient continuer plus loin. Ces sots auraient mieux fait de rouler en Electra Glide !
Nous descendons la Via de l’Agua pour rejoindre le bourg et déjeunons à la Cafeteria de Compostela. Nous sommes agréablement surpris par une cuisine simple et familiale (gros haricots blancs à la saucisse en sauce épicée pour la mise en bouche, soupe de légume ou de poisson, asperges, tranches de porc grillées et éternelles patatas fritas…), le tout pour la modique somme de dix euros par personne, boisson comprise, et servi par une Susana affable et chaleureuse.
Il est quinze heures et une petite bruine nous incite à lever l’ancre pour rallier Compostelle au plus vite. Et là, c’est le drame.
Pour résumer, disons que nous avons parcouru les 150 derniers kilomètres sous une pluie digne des montagnes écossaises aux saisons froides. Une pluie comme ça, mon bon monsieur, d’abord, ça vous trempe le blouson, ensuite, le pull, ensuite le t-shirt, ensuite la peau, puis les os, et enfin, l’âme. Conduire une moto par un temps pareil relève du match d’Ultimate Fighting en un seul round, mais aucun de nous ne baisse la garde. Nous sommes les cavaliers de l’Apocalypse. Balance la, ta flotte, mec, on encaisse.
Vers 20h nous arrivons à Compostelle, détrempés, immergés, bassinés et, il faut bien l’avouer, épuisés. Ajournant la visite de la ville à demain, nous dinons, fourbus mais victorieux, dans un restaurant proche de notre hôtel, où, encore une fois, nous nous régalons à petit prix. Poulpe poêlé, délicieux chipirons et une entrecôte de la taille d’un jambon servi dans un plat en terre dont la chaleur réfractaire continue de cuire la viande alors que vous la dégustez. L’ascétisme du pèlerin s’arrête aux portes des restaurants. Les portions espagnoles exigeraient que vous alliez ensuite scier trois stères de bois pour éliminer quelque peu, nous optons plutôt pour une bonne nuit de sommeil…

Alors let the good times roll et à demain !
Par La Compostelle Harley Team
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Présentation

  • : Un écrivain, un photographe, un journaliste, un webdesigner : tous passionnés d’aventure, de moto... Un voyage de légende : le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Retrouvez au jour le jour l’équipée de quatre pèlerins des temps modernes, renouant avec une tradition millénaire… Blog réalisé par Henri Loevenbruck, Paolo Bevilacqua, Emmanuel Baldenberger et Christophe Zalewski.
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